Chapitre 2 : Casting Toulousain

Le véritable héros de ce roman moderne va maintenant être décrit dans ce chapitre. Parce qu’il ne faut pas rêver, ce ne sont pas ces petites fiottes d’Harold et de Pingué qui sont les personnages centraux de cette épopée, ce sont juste des faire-valoir, des mecs qui sont juste là pour mettre en avant le véritable protagoniste de l’histoire.

Notre intervenant central n’est pas invincible, ne possède pas de pouvoirs magiques, n’est pas beau, n’est pas laid, n’a pas de gros compte en banque ou de parents influents, et encore moins une grosse bite. En fait, c’est un adolescent insignifiant comme il en existe plein dans le monde. Il s’appelle Vincent.

Vincent se débattait dans ses problèmes impubères comme tant d’autres de son âge (encore que lui a 18 ans et fait une puberté tardive.) : acné qui lui ravage la tronche, envie irrépressible de se sauter des nanas alors que personne ne veux de toi parce que t’as une gueule comme un clafoutis aux cerises, envie d’avoir son bac sans rien branler (quoique, l’exemple n’est pas forcément bon, c’est déjà le cas…), bref, le genre de problème de n’importe quel jeune de sa génération.

Pour passer le temps de sa vie de jeunot désœuvré, Vincent à la sortie du lycée partait se cacher dans un coin pour aller fumer plusieurs pétards de drogue avec ses amis.

Ces quatre acolytes, Vincent, Éric, Arnaud et Nicolas avaient la bite rude… euh… avaient l’habitude, en sortant du bahut d’aller se caler afin de se cramer des ramselefs, des persos, des sticks, des pétards, des joints quoi ! En gros, on arrive au moment où ils sont en train de se fumer leur troisième ou quatrième oinj bourré de Mexicaine. Voilà pour la situation…

En termes de narration je fais comme tous les auteurs contemporains, c’est-à-dire que j’alterne deux actions pour dynamiser l’intrigue et pour que le public suive plus facilement. C’est la génération zapping ça, on ne peut pas accrocher son attention plus de deux minutes sur une putain d’histoire, on est obligé d’alterner. Schématiquement, le chapitre 1 vous présentait grosso merdo l’enjeu de l’histoire, le chapitre 2 vous présente le héros qui n’a rien à voir avec les personnages décrits en chapitre 1 et vous pouvez vous attendre (peut être) à un télescopage de ces deux histoires dans un chapitre 3. Ou avant en fait, ça dépendra de mon humeur.

Vous allez vous dire, « mais il est complètement con ce mec de nous dire par avance ce qu’il va se passer et sa recette secrète d’écrivain pour bâtir une histoire ». Que voulez-vous, je suis comme cela moi, je partage, je suis famille. Et je ne suis pas comme tous ces connards hypocrites qui gardent bien secret le système de conception de leur œuvre, moi je dis tout !

Je n’ai pas peur !

Reprenons, le déroulé de l’histoire…

Le joint continua à tourner et l’ayant fini, avec beaucoup de mal il faut le dire, car cet enfoiré de Vincent l’avait chargé à mort… Enfin, bref… Une fois qu’ils eurent donc fini de se délecter avec le joint, les quatre potes remontèrent la rue qui menait juste devant une gendarmerie. Malheureusement, les quatre adolescents n’en savaient que dalle (Béatrice).

Arnaud, tout en marchant, s’alluma une cigarette.

« Passe-moi une clope ! » demanda Vincent à Arnaud.

Ce dernier donna une Marlboro (excusez-moi, mais j’ai un contrat avec Marlboro pas avec Camel ou Lucky Strike ou encore Winfield, alors, hein ? Merde !) à Vincent.

Le petit coup de publicité sur le tabac va vous paraître totalement choquant, et hors de propos, néanmoins voyez cela plutôt comme un hommage à cet auteur connu qui écrit les S.A.S. (relisez-en un ou deux vous verrez bien le nombre de publicités que l’on peut trouver dedans !).

Les garçons arrivèrent devant la gendarmerie; Arnaud vit le policier de ronde devant la porte et, par réflexe sans doute, ou à cause de la drogue peut-être, il hurla :

« Vingt-deux, les keufs ! »

Arnaud partit en courant, laissant ces trois amis sur place. Le gendarme en faction qui avait l’air d’un con (c’est pour la rime, je n’ai rien après les gendarmes, j’ai même un autocollant « I Love Gendarme » sur ma voiture) et qui avait tout entendu vint vers eux :

« Qu’est ce qu’il a dit votre collègue ? »

Vincent improvisa :

« Euh… Vingt-deux, c’est mon bus que j’ai chié ! »

« Vous vous foutez de moi ? »

« En fait oui, répondit Éric. Il faut que vous sachiez que nous sommes tous raides défoncés, qu’on s’est envoyé plein de pétards en travers de la gueule, et que je viens de me rendre compte que sous l’effet de la drogue, les mots dépassent ma pensée et sortent de ma bouche sans que je puisse contrôler quoi que ce soit… »

Le gendarme suspicieux, mais néanmoins plus malin qu’il n’y paraissait au premier abord (vous voyez que je suis cool, et puis c’est tellement monnaie courante aujourd’hui de taper sur les gendarmes alors qu’il y a des gens tellement plus néfastes qu’eux, comme les plombiers ou les garagistes qui sont de véritables enculés d’escrocs !… Enfin… bref…, je m’éloigne du sujet principal, je crois…), s’approcha de la petite bande de joyeux lurons et leur dit à voix basse :

« Il ne faut pas croire les mecs, moi aussi j’ai été jeune, et moi aussi je me suis fumé plein de produits à la con. D’ailleurs, vous croyez que j’ai rejoint la gendarmerie pour quoi à votre avis ? »

« Pour avoir du matos gratos ? » demanda Nicolas.

« Exactement ! Tu n’es pas con toi, avec un esprit comme ça tu pourrais bien finir président de la République ! » répondit le gendarme.

Puis il ajouta :

« Allez, rentrez chez vous et reposez vous vous allez en avoir besoin… »

Vincent, Éric et Nicolas commencèrent à s’éloigner lentement, lorsque le gendarme les héla de loin :

« Au fait, si vous ne voulez pas vous vous faire calculer par vos parents avec vos yeux rouges de défoncés, passez-vous un glaçon sous chaque paupière, vous verrez, l’effet est garanti ! »

***

Pendant ce temps-là, Arnaud, qui rappelons-le était parti en courant comme un gros lâche en abandonnant ses amis, s’était vraiment mis en tête de prendre l’autobus (surement la drogue, c’est dangereux quand même les enfants ! Et la guerre, c’est mal, comme ça c’est fait ! Petit moment culturel : ce que je viens de dire précédemment s’appelle un truisme ou une lapalissade. Et je ne vais pas non plus vous mâcher le boulot, si vous voulez savoir ce que ça veut dire il existe des dictionnaires pour ça, ou Wikipédia pour les djeuns branchés de technologies nouvelles !). Il courrait depuis vingt minutes derrière en criant au chauffeur de s’arrêter.

Au volant de son gros bus qui cahotait et ahanait, crachant une épaisse fumée noire en remontant péniblement l’avenue, le chauffeur arborait un sourire de mec content de lui. L’autocar tanguait sur la route bitumée, recouverte de plusieurs pans de goudron de différentes couleurs qui lui donnait cet aspect de peau ophidienne, sombres vestiges de travaux que les élus de la  municipalité organisaient l’été afin de justifier le salaire de leurs ouvriers et d’empocher les pots de vin qui leur étaient reversés par les dirigeants des entreprises du bâtiment. Les amortisseurs étaient mis à rude épreuve. La masse pesante du bus valsait, tel un mérou constipé, de gauche à droite. La route sombre, avec des trous d’anthracites de différentes hauteurs disséminés à différents intervalles, semblait davantage servir comme centre de rééducation orthopédique que comme une trachée névralgique de la ville pouvant désengorger le flot ininterrompu des voitures. Francis, le chauffeur de ce bus, était habillé avec sa chemise blanche ouverte jusqu’au nombril qui permettait d’afficher son gros torse tout poilu, et cachait ses petits yeux chafouins de pervers derrière des lunettes de soleil qu’il portait été comme hiver. Le peu de pouvoir dont il jouissait au volant de son car le faisait littéralement bander. Il prenait toujours un malin plaisir à faire courir les personnes en retard derrière son bus et lorsque la personne arrivait enfin à attraper le bus il faisait exprès de faire une remarque à la con, du genre : « Hep, jeune homme, vous n’avez pas composté votre ticket » ou « Alors, on est essoufflé ? ». Bref, le con glorieux !

Une des choses dont Francis raffolait c’était de pouvoir « mater les gonzesses » qui montait dans son bus. Là, il faut dire que ses lunettes de soleil constituaient son atout numéro un pour bien reluquer les filles sans se faire voir. Lorsque les midinettes venaient à acheter un ticket de transport dans le bus, là, il ne se sentait plus pisser et prenait systématiquement un temps infini pour servir la personne, lorgnant sur leurs décolletés où pointaient leurs seins délicats, entourés harmonieusement de la dentelle de leurs brassières, ou sur leurs hanches girondes, où les cordons de polypropylène moites de leurs strings dépassant de leurs pantalons se lovaient amoureusement, tel le lierre sur une façade décrépie. S’il y avait moyen, avec des filles pas farouches, de s’envoyer en l’air au dépôt sur les sièges, il le faisait volontiers, quitte à oublier pour un temps qu’il était marié et qu’il avait une gamine de deux ans et une ravissante femme qui les attendait sagement à la maison.

Arnaud parvint au prix d’une course folle à entrer dans le bus de Francis. Lorsqu’il voulut composter son billet dans la machine, celle-ci refusa en indiquant que le titre de transport était « illisible »

« Et merde ! » se dit Arnaud

Il réessaya une seconde fois en pensant que c’était peut-être la machine qui merdait copieusement, mais le résultat fut le même. Il se dirigea alors (et c’est surement là, la plus grosse erreur qu’il a faite dans sa journée) vers le chauffeur qui conduisait à vive allure (oui, parce qu’en plus d’être des sous-merdes narcissiques, la plupart des chauffeurs de bus aiment rouler vite pour compenser le peu de temps qu’ils tiennent lors d’un coït). Arnaud aborda très poliment le chauffeur :

« Excusez-moi monsieur, mais la machine me dit que mon ticket est illisible. Qu’est-ce que je peux faire ? »

Le chauffeur tourna sa grosse face de pet vers Arnaud et lui répondit sur un ton suffisant :

« Ben, faut le changer ! »

« D’accord, merci monsieur » répondit Arnaud.

Le jeune homme commença à se diriger vers le fond du bus, lorsque la grosse voix du veau marin qui officiait en tant que chauffeur de car cria bien fort (histoire de l’humilier ou de montrer que c’est lui le chef) :

« Hep là, jeune homme, il vous faut quand même un titre de transport pour maintenant, je vais pas vous laisser voyager gratuitement quand même ! »

Arnaud s’arrêta net dans sa marche, se retourna lentement et retourna voir le chauffeur :

« Excusez moi monsieur, mais je n’ai pas de monnaie sur moi, et puis j’ai ce ticket que je vous ai montré qui a encore huit trajets non validés, c’est juste que votre machine me dit qu’il n’est pas valide »

« Mais je m’en moque de ça ! Il faudrait que je vous écrive au dos de votre ticket qu’il est illisible, et je ne suis pas secrétaire moi, je suis chauffeur de bus ! »

L’énervement commençait à monter en Arnaud qui restait néanmoins courtois et poli :

« Je sais bien monsieur, mais là je ne peux pas faire autrement, je ne vais pas acheter un nouveau ticket alors que j’ai déjà celui-là sur lequel il reste des trajets »

« Non, mais je m’en fous moi, je suis chauffeur de bus ! Alors, vous achetez un titre de transport ou vous sortez de mon bus à moi que j’aime ! »

À ce moment-là, Arnaud explosa littéralement :

« Bon écoute connard, je n’ai pas d’argent sur moi ! Toi, visiblement t’es bien trop con pour comprendre quoi que ce soit, alors arrête moi là je ferais le trajet à pied, je préfère me crever le cul plutôt que de rester en ta présence. Ta débilité emplit l’air de l’autobus et j’ai peur que ce soit transmissible ! »

L’autocar s’arrêta et Arnaud descendit fou de rage en traitant le chauffeur de « blaireau ».

***

Pendant ce temps là, au Shomoland, Harold qui avait eu une idée l’expliquait à Pingué. Il était environ quatre heures du matin et Pingué, qui, comme à son habitude, s’était défoncé la gueule en inhalant de l’eau écarlate, avait du mal à écouter Spetcher.

Le fabricant de jouets lui expliqua son idée :

« Sachant que le vieux est dans le coma, il faut lui trouver un remplaçant…t’es d’accord ? »

« Boui… » murmura Pingué.

« Sachant aussi que c’est le peuple toulousain qui est responsable de l’état du vieux… Alors ?… Alors ?… »

« Koa ? »

« Réfléchit ducon, on va passer un casting dans Toulouse pour trouver un remplaçant au vieux…Qu’est ce que t’en penses ? »

« Zainiale ! »

Aussitôt, Harold convoqua les notables du Shomoland et, une fois la décision prise, les smoubjs allèrent à Toulouse afin de coller des affiches partout : sur les murs, sur les voitures, sur les chiens, sur les affiches des hommes politiques en campagne (surtout là), sur les clochards trop beurrés pour comprendre quoi que ce soit de toute façon, sur les mecs pas beaux (comme moi… j’ai d’ailleurs une affiche collée sur ma sale gueule… Bon c’est vrai, c’est super parce que maintenant je ne fais plus peur à personne dans la rue… mais ces affiches ça pue… Bon c’est vrai, je puais déjà avant… Continuons l’histoire…), sur…eument, sur…face, sur pile aussi, sur pile…oti, etc.

Le lendemain, quand les vieux allèrent acheter leurs fruits et légumes frais au marché des Carmes, quelle ne fut pas leur surprise en découvrant toutes ces affiches. Scandalisés, ils en profitèrent pour mettre tout cela sur le dos des pauvres petits jeunes qui, cette nuit-là, ne collaient pas d’affiches, mais volaient des voitures.

Les gros beaufs graisseux avachis devant leur télé n’en savaient rien, à quatre heures du matin, ils regardaient leur magazine : « Comment bien chasser les éperviers avec un fusil dans le cul. »

Vincent, quant à lui, gisait sur un trottoir, la gueule dans son gerbi qu’il avait lâché la veille en se vidant une bouteille de Vodka « Eristoff » ; la seule boisson qui mérite un semblant d’intérêt.

Il se releva péniblement de son trottoir et s’aperçut qu’il avait une affiche collée sur le dos. Il décolla cette affiche et une odeur nauséabonde lui monta au nez.

« Putain, mais avec quoi ils ont collé cette merde ? » se demanda le garçon.

Il regarda le papier et vit écrit :

                   « Devenez le remplaçant du Père Noël.

                            Venez nous rejoindre au Shomoland.

                                      Et faites-vous des couilles en or…

                                               … de vingt kilos chacune. »

Vincent, croyant qu’il s’agissait de l’annonce d’un supermarché, décida de tenter le casting ; il avait cruellement besoin d’argent pour s’acheter de la binouze et du ssssssshhhhhhhiiiiiiittt !

L’adresse sur le papier menait à un vieux hangar désaffecté, il y avait déjà une belle queue devant l’entrée.

Ils se tenaient tous là, en file indienne, se mouvant lentement, la tête baissée, les yeux rivés vers le sol, l’air résigné. Ils trainaient lamentablement leurs pattes sur le gravier froid, créant comme des sillons dans lesquels les pieds s’engouffraient semblant glisser sur une voie déjà toute tracée. Poser un pied devant l’autre paraissait leur demander un effort infini. Ils allaient tout droit, ne sachant pas trop ce qui les attendaient à l’intérieur. Devant eux, les doubles portes en métal étaient ouvertes en grand, plongeant dans un intérieur enténébré et lugubre.

Le hangar était bâtit tout en fer, de vastes piliers de métal soutenaient une immense voute en plaques de plexiglas sales et mal entretenus. Les panonceaux de plastiques qui officiaient en tant que toiture montraient des signes manifestes de vieillesse et la couleur sombre de l’usure renforçait davantage l’ambiance glauque de l’entrepôt. Certains trous dans le faitage laissaient passer l’eau de pluie qui s’était emmagasinée depuis quelques jours. Les gouttelettes finissaient leurs routes folles en s’abattant lourdement sur le sol argileux de la réserve. Dans cette étendue de cathédrale, le moindre petit bruit prenait une dimension considérable. Le mariage inattendu des gouttes de pluie et du chuintement des pieds lourds sur le sol créait une symphonie macabre, un requiem funeste. Par moment, il semblait que des voix sépulcrales venaient se mêler, créant des chœurs entonnant un chant tout droit sorti du pandémonium.

Les gens continuaient à s’emboiter le pas les uns derrière les autres, comme des âmes damnées se dirigeant vers leur ultime séjour. On aurait dit des bêtes s’aiguillant lentement vers l’abattoir, sachant pertinemment qu’au bout du couloir une mort certaine les attendait.

Vincent suivait ce mouvement de foule dans un silence religieux. À nouveau, l’odeur de la colle de l’affiche lui monta au nez.

« Ça pue, merde ! » hurla Vincent.

Les gens se retournèrent parce qu’il n’avait pas l’habitude de voir un mec hurler tout seul tout d’un coup sans raison, ou alors les rares personnes qui le font sont quand même bien touchés. Il faut quand même préciser que Vincent était encore complètement saoul et qu’il n’était pas descendu complètement. Ceci explique cela (l’alcool, c’est mal !).

Pendant ce temps, Alain Térieur (en opposition avec Alex Térieur, son frère) du hangar Harold et Pingué faisait passer une femme énorme pour le casting. Pingué en la voyant arriver murmura à l’oreille de Harold :

« Il faut la virer la grosse, elle ne passera jamais par les cheminées, elle va tout défoncer avec son gros cul ! »

Harold approuva en silence d’un signe de la tête.

« Bonjour mademoiselle ! » dit Harold.

« Ve fui pas une madmoifelle, ve fui mariée. » répondit la dame un peu forte.

« Oh pardon ! »

« Qu’est-ce qui vous motive pour être le remplaçant du Père Noël ? » questionna Pingué.

« Ben, en fait, répondit la dame en jetant des postillons, v’esfpère que fa (déodorant) m’ouvrira des voies pour fêtre mannequin… »

« Non, mais t’as vu ta gueule ? » cria Pingué.

« Pingué ! » coupa Harold scandalisé.

« T’es moche, t’es grosse et en plus tu pues, alors… CASSE-TOI !!! » continua Pingué.

« Non, mais dit donc falopiauds, fi vous croyez que ve vais me laiffer infulter par des enfffffffoirés comme vous ! »

Je ne vous raconte pas le nombre de glaviots qu’elle a dû jeter parce que là, ça frôle les chutes du Niagara.

« TA GUEULE GROS TAS ! DÉGAGE ! »

À ce moment précis, Pingué sortit une boule argentée de sa poche (et non pas une potche comme le sous-entend la pub débile pour la brioche Pitch… la brioche de potche… Pitch la brioche partenaire officielle des adolescents illettrés, obèses, cons, et boutonneux…) et la jeta sur la grosse dame. Aussitôt la boule éclata, laissant échapper de la fumée. La dame un peu forte avait été vaporisée.

Le passage qui vient de suivre peut vous paraître outrancier dans ces propos et dans les mots qui sont utilisés, mais c’est fait exprès. Cela traduit juste l’intolérance générale dans laquelle on vit, qui est certes plus développée chez les habitants du Shomoland, mais qui est également omniprésente dans nos sociétés prétendument modernes (et j’en fais partie aussi !) Et puis, n’oubliez pas cette phrase immémoriale du poète oublié Samuel Jones : « J’ai tourné vers vous un miroir, et tout ce que vous avez pu y voir c’est une belle merde ». À méditer…

« Au suivant ! » hurla Pingué.

Harold s’approcha de l’oreille de Pingué et lui murmura :

« Euh… Pingué… calme-toi, c’est le quinzième que tu vaporises depuis ce matin. »

« Calme !… Mais je suis calme bordel ! » répondit Pingué. «Bon qu’est ce qu’il branle le suivant, il faut venir le chercher par la peau du cul pour qu’il ramène sa face de con devant nous ! »

Un adolescent extrêmement boutonneux se pointa timidement vers eux.

« Bon qu’est-ce qu’elle veut la calculatrice ? » cria Pingué.

« Pa… Pardon ? » demanda l’adolescent.

« Rien, bon… au revoir ! »

Pingué ressortit une autre boule argentée et il la jeta sur le boutonneux. Comme la grosse dame, l’ado fut vaporisé.

« Seize ! » dit platement Harold.

« Au suivant bordel de merde ! » hurla Pingué.

Un homme avec un béret s’approcha de la table, Pingué lui jeta une boule argentée et le vaporisa.

« Putain Pingué, il n’avait encore rien dit ! » dit Harold en s’énervant.

« Je n’aime pas les beaufs, répondit Pingué, et j’en ai plein la raie du cul maintenant, je vais vaporiser tout le monde moi ! Faut pas me faire chier moi ! Je suis un malade moi ! Faut m’enfermer moi ! J’ai les couilles qui me grattent moi ! Je me mets des doigts dans le cul moi ! Je snife du dichlorométhane moi ! »

Pingué s’arrêta net, Harold le regardait la bouche ouverte.

« Au suivant ! » meugla Pingué.

Vincent s’approcha d’eux en titubant, Pingué comprit aussitôt qu’il était bourré.

« Voilà qui devient intéressant. » murmura Pingué.

Vincent s’approcha de la table et n’en pouvant plus lâcha un énorme pâté dessus.

« Vous êtes engagé ! » cria joyeusement Pingué.

Vincent s’essuya la bouche d’un revers de la manche. Pingué se leva et fit asseoir le garçon, puis il se dirigea vers la porte d’entrée du hangar et cria sur le palier :

« Vous pouvez retourner dans vos maisons crasseuses vous taper une queue, j’ai trouvé le nouveau remplaçant du Père Noël… Ta gueule toi là bas… »

Pingué revint ensuite vers la table, s’assit sur sa chaise Ikéa et prit la parole :

« Bien, parlons peu, mais parlons bien… poils aux seins… »

« Qu’est ce que vous attendez de moi ? » demanda platement l’adolescent.

« Que vous remplaciez le Père Noël. »

« Pourquoi ? »

« Parce qu’il est dans le coma ! »

« Pourquoi ? »

« Parce qu’il s’est fait tabasser par des punks ! »

« Pourquoi ? »

« Parce qu’ils étaient défoncés à l’essence ! »

« Pourquoi ? »

« Parce que ta gueule ! »

« Ah bon ! »

La succession des « pourquoi », c’était juste pour voir si mon copier-coller marchait… Je vous rassure, chers lecteurs, il marche…

Pingué sortit alors un bonbon de sa poche et le tendit à Vincent :

« Tiens, bouffe ça fiston ! »

« C’est koua ? » questionna le garçon.

« Un truc pour te remettre les idées en place. » répondit Pingué.

Vincent prit le bonbon, le mit dans sa bouche, et commença à mâcher en grimaçant :

« C’est quoi cette merde ? »

« C’est un bonbon à base de merde de Smoubjs, d’extrait d’héroïne, et de concombre pour le goût. » expliqua Pingué.

« AAAAAA… Du concombre… Putain c’est ça ce goût dégueulasse… Merde ! » hurla Vincent en recrachant sur Harold le bonbon à moitié mâché.

À ce moment précis, le fabricant de jouets pris la bite de Pingué et la…

Ah non, merde, c’est plus tard ça… Reprenons…

À ce moment précis, le fabricant de jouets prit la parole et expliqua presque toute la vérité à Vincent. Ce dernier qui n’avait rien à perdre accepta le marché. C’est surtout qu’il ne savait pas ce qui l’attendait le pauvre. Je crois bien qu’il vient de se faire sévèrement enculer par ces deux escrocs.

 « Bon, coupa Pingué, ce n’est pas tout ça, mais il faut partir. »

« Comment ? En prenant le train ? » demanda Vincent.

« Non, en y allant en bateau volant. » expliqua Harold.

« C’est ça ouais, pourquoi pas en escargot à plume ! » répliqua Vincent en se gaussant.

« Euh… ils sont malades en ce moment, ils se sont trop gavés de merdes de Smoubjs. » avoua Harold qui avait toujours le bonbon que Vincent lui avait craché dessus, collé sur sa tronche.

« AAAAAAA, mais ils devaient en avoir une comme Woody ! » hurla Vincent.

« De quoi ??? » demanda Harold.

« Ben oui, ils devaient avoir mauvaise Haleine, comme Woody… parce que Woody Allen… »

Un grand silence s’installa avec ses trois valises, son poste de télévision, sa chaine-hifi-stéréo-méga-surround-giga micro-onde incorporé, et ses trois femmes qu’il avait l’habitude de percuter tous les soirs.

Puis, tout à coup, Pingué éclata de rire :

« Woua woua woua… ça y est, j’ai compris, elle est excellente !… Putain !… La vache !… Le lapin !… Le canard !… prooooooooooooooouuuuuuuuuuuuuuuttttt ! Ah, le voilà !… »

Le pet de Pingué résonna pendant huit longues secondes. Sa tessiture grasse et bien soupesée médusa l’auditoire. Il y avait un mélange savant entre les gaz et les excrétions, le tout se mariant harmonieusement dans une mélopée digne de faire frémir Maria Callas ou le pétomane accompli qui s’était échiné pendant des années à sortir le meilleur de son art rectal. Le sillon glutéal de Pinqué constituant une caisse de résonnance parfaite, envoyant valser le son aux quatre coins du hangar désaffecté, faisant vibrer les tôles ondulées en un legato métallique rappelant le cri d’agonie du gravier écrasé par la roue d’une voiture sur plus de trois mètres. La fragrance qui embauma le lieu était forte et corsée, arrachant une larme à l’œil non exercé à des senteurs aussi opiacées et titillant les narines, les retroussant de révulsion. Même la matière physique était affectée par l’agrégat chimique : le crépi du hangar commença à se détacher lourdement, semblable à cette terre argileuse de Garonne se crevassant sous l’action d’une forte chaleur ; les joints d’un vieux réfrigérateur sis dans un coin où étaient entreposés des débris divers fondirent et coulèrent paresseusement vers le sol, telle une diarrhée finissant son périlleux voyage le long de la faïence des cabinets. Tout l’environnement était modifié par le pet de Pingué. C’était finalement le cri déchirant d’un anus mainte fois visité, d’un rectum travaillé au membre tel un marteau piqueur sur l’asphalte.

« AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA… mais qu’est-ce qu’il baragouine ce con-là ! » hallucina Harold.

« MMM… merde ! Je crois que je me suis repeint le calbut en lâchant ma perlouze ! Attends… »

À ce moment précis, Pingué plongea la main dans son pantalon, et, après quelques secondes, ressortit son index, plein de merde.

« Je savais bien que j’avais la merde au cul ! » s’exclama-t-il.

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