Chapitre 3 : Le chapitre qui n’a rien à foutre là, mais que je mets quand même parce que c’est mon livre et que je fais ce que je veux.

Quentin courrait pour échapper à son poursuivant. L’air moite et méphitique du couloir souterrain le prenait à la gorge et manquait de le faire suffoquer à chaque fois qu’il respirait. Il ne l’avait pas cru de prime abord : comment un être humain pouvait faire preuve d’autant de brutalité et de sadisme ? Lui et son ami Maxime avaient enquêté sur ces meurtres barbares qui défrayaient la chronique ces derniers temps. Le commissaire Spanola avait été très clair et il l’avait exprimé comme d’habitude avec son langage châtié : « Bordel de queue ! Si vous ne me mettez pas la main sur cet immonde petit enculé de fils de pute ou sur un indice qui fera avancer cette enquête merdeuse de manière significative, je viendrais violer vos culs blancs au point de vous envoyer à l’hôpital recoudre vos fissures anales ! » Spanola était tout sauf fin. Un excellent flic arrivé de Cayenne où il avait fait ses armes lors d’affaires retentissantes concernant les orpailleurs, avant d’être muté à Toulouse pour s’occuper des zones sensibles. La Reynerie était une de ces zones. Un enchevêtrement de barres d’immeubles plus décrépies les unes que les autres minées par des caves et des couloirs immenses où les voleurs et les dealers entreposaient le fruit de leurs rapines nocturnes.

Mais depuis quelque temps, ces derniers se tenaient à carreau. Un malade mental s’était mis en tête de faire le ménage à sa manière. Et le moins que l’on pouvait dire, c’est qu’il le faisait avec une imagination et une perversité dépassant l’entendement. Il avait fallu trois médecins légistes pour faire l’autopsie du premier cadavre. Tout d’abord deux, qui s’étaient attelés à la tâche avec diligence, même si celle-ci, ingrate, avait consisté à recoller les morceaux. Puis un troisième qui avait pris le relais quand un des deux premiers légistes s’était trouvé mal. En effet, le cadavre avait subi un châtiment des plus barbare. L’homme avait été accroché au plafond avec des crocs de boucher plantés sous les épaules de manière extrêmement délicate afin de ne pas crever les artères. Puis ses deux pieds avaient été sectionnés à la scie et cautérisés avec l’aide d’une plaque de métal chauffée à blanc. Ses deux mains avaient été savamment écorchées en prenant garde de bien suturer les veines afin que la victime ne meure pas d’hémorragie. Puis on lui avait coupé les oreilles, le nez et les lèvres. Les joues avaient été entaillées jusqu’aux oreilles. Des lambeaux de peau du visage avaient été arrachés et on avait forcé la victime à les ingérer. Les jambes avaient été brulées au jet gaz, puis on avait pris le soin de désosser la gauche afin d’enlever le fémur à l’aide de sécateurs. Enfin, le sexe de la victime avait été arraché avec des tenailles et placé dans son anus que l’on avait préalablement incisé afin de le faire rentrer. Les légistes tablaient sur la mort de la victime à partir de cette dernière opération, lorsqu’elle s’était vidée de son sang en cinq minutes une fois l’appareil génital arraché. Puis le corps avait subi les derniers outrages. La cage thoracique avait été ouverte, les côtes écartées brutalement, les organes internes arrachés et sauvagement piétinés. On les avait retrouvés aux quatre coins de la pièce, éclatés comme des fruits trop mûrs. Enfin, le bourreau avait pris soin de démembrer le corps à la scie, de coudre la jambe droite à la place du bras gauche et ce dernier à la place de ce qui restait de la jambe droite. Enfin, les deux derniers membres avaient été donnés à manger aux rottweilers qui étaient élevés illégalement dans la cité.

Quentin et Maxime avaient enquêté de manière efficace. En s’aidant des petites frappes qui haïssaient les flics d’ordinaire. Mais la peur avait formé un consensus, et Maxime, ancien éducateur spécialisé, avait su se faire rapidement accepter par les voyous. Avec leur aide, ils avaient trouvé plusieurs indices menant une personne rentrée en France de manière illégale. Ce dernier avait quand même eu le temps de commettre un autre crime moins spectaculaire que le premier, mais tout aussi ignoble : il avait séquestré un jeune dealer, l’avait forcé à manger des lames de rasoir et snifer du verre pilé avant de le pendre au plafond avec des crocs de boucher plantés sans ménagement dans le torse, dans l’entrejambe, dans la bouche et dans l’épaule. Puis son ventre, orienté vers le sol, avait été ouvert, les intestins arrachés et pendant vers la terre comme de sinistres guirlandes de Noël. La jeune victime avait agonisé près d’une heure avant de succomber à ses sévices.

Des planques avaient été organisées dans tout le quartier par plusieurs unités de policiers. Des immigrés clandestins avaient été interrogés puis placés dans le centre de rétention de Cornebarrieu. Des comités de vigilance urbaine composés de plusieurs citoyens patrouillaient la nuit par groupe de trois ou quatre personnes avec pour consigne de relayer la moindre information suspecte, même la plus anodine. Maxime était rentré au poste. Il aidait une jeune profileuse fraîchement débarquée de Belgique à dresser le modus operandi du tueur. Et comme il l’avait annoncé à Quentin au téléphone, ce dernier n’était pas banal. Le fait qu’il s’en prenne à des hommes jeunes était assez surprenant. La plupart des meurtriers psychopathes attaquaient souvent des proies plus faibles qu’eux. Or, ce n’était pas le cas là. Les victimes étaient jeunes, en pleine possession de leurs moyens, et avaient toute latitude pour se défendre. Le tueur était assez retors et les avait piégés de manière admirable, à la condition de trouver « admirable » un être faisant preuve d’une telle violence et d’un tel dégoût de la personne humaine. L’hypothèse que la profileuse avait dégagée était que le tueur devait être homosexuel, comme les tueurs en série américains, Dahmer et Gacy.

Quentin avait commencé ses patrouilles avec un autre policier qu’il connaissait bien du nom de Georges. C’était un vieux briscard avec une trentaine d’années de maison derrière lui, qui avait péniblement gravi les échelons hiérarchiques de la police nationale pour finir brigadier-chef à cinq années de la retraite. Ils étaient accompagnés d’un jeune du quartier à la figure ronde du nom de Yanis qui était également le concierge d’une des barres d’immeubles. Grâce à son aide précieuse, ils avaient exploré des recoins inconnus, truffés de caches diverses. Et c’était là qu’ils l’avaient vu, dans une des caves sises dans un long souterrain.

Georges avait été le premier à l’apercevoir. Il avait entendu sangloter derrière une des portes vermoulues. « Il y a quelqu’un qui pleure ici ! » avait-il crié de sa voix grave roulant les « r ». Quentin et Yanis s’étaient rapprochés de lui. Ils avaient ouvert la porte pour tomber sur une forme féminine recroquevillée dans un coin, les genoux serrés entre des bras. Avec moult précautions, Georges s’était rapproché doucement vers elle. « Alors, gamine, que fais-tu donc ici ? » lui avait-il dit calmement. Pour toute réponse, ils avaient entendu un cri de fureur, un grand choc lorsque la femme s’était précipitée vers le policier, et le gargouillis immonde d’un homme égorgé qui se noie dans son propre sang. Quentin tenta tant bien que mal d’ajuster la meurtrière, mais celle-ci avait fait de Yanis un écran entre elle et lui. D’un grognement sauvage, elle sauta sur le concierge avec assez de force pour percuter Quentin qui se trouvait derrière lui. Celui-ci perdit son pistolet dans les décombres de la cave. Il sentit Yanis couché sur lui agité de soubresauts au fur et à mesure que le couteau rentrait et sortait de son buste. Un épais sang noir lui coula sur la figure. Avec force, Quentin repoussa le corps inerte de Yanis et, parvenant à se relever avec difficulté, il s’enfuit dans le souterrain.

***

Quentin courrait à perdre haleine. Le sang lui maculait le visage. Les yeux aveuglés, il avait beaucoup de mal à se diriger. L’atmosphère halitueuse et empyreumatique du souterrain le prenait à la gorge à chaque foulée. Mais il entendait le bruit de la course résolue et méthodique de sa poursuivante.  Les murs sales et corrodés étaient le témoin de cette cavalcade sauvage entre deux êtres, l’un fuyant pour échapper à un destin funeste, l’autre désirant mettre fin à la vie de tous ceux qui l’avaient retrouvé. Un claquement sec résonna comme un coup de tonnerre dans l’espace exigu du couloir et Quentin sentit sa jambe se dérober, frappé par une douleur indescriptible. Il s’effondra lourdement, pleurant et gémissant pour conjurer la souffrance qui irradiait sa jambe. À travers ses yeux noyés de sang et de larmes, il put voir approcher la femme qui les avait sauvagement agressés. Son pistolet fumant était arboré ostensiblement dans sa main droite, tandis que la lame suintante d’un sang épais était tenue négligemment dans sa main gauche. Elle se pencha vers lui et Quentin fut stupéfait de voir un visage qui exprimait haine et remords en même temps. Puis elle se releva promptement et lui décrocha un grand coup de pied dans sa mâchoire. Terrassé par le choc et la douleur, Quentin s’évanouit et sombra dans le noir.

***

Le métal froid de la table le réveilla. Il était nu. Ses jambes et ses bras attachés à chacun des quatre pieds. Il regarda autour de lui et s’aperçut qu’il était sans doute dans une autre cave. Des yeux noirs le regardaient fixement, exprimant encore des émotions contradictoires. La bouche de sa geôlière était écartelée entre un rictus de dégoût et le sourire d’une profonde satisfaction. Son visage carré était entouré d’une épaisse chevelure noire qui tombait en cascade jusque sur ses épaules. La couleur ambre de sa peau était cachée sous une épaisse couche de vêtements imbibés de sang. La stature de son corps était inhabituelle pour une femme. Elle devait bien faire dans les uns mètre quatre-vingt et son ossature semblait lourde. Quentin releva péniblement la tête et s’adressa à elle d’une voix pâteuse :

« Pourquoi ? Pourquoi faites-vous ça ? »

La femme se releva et commença à déambuler dans la pièce, la main toujours serrée sur son couteau. Puis elle s’arrêta, se tourna vers Quentin, les bras croisés, et déclama d’un fort accent :

« Vous les occidentaux, vous vous imaginez que le monde respire à votre rythme, que la souffrance que vous endurez est sans commune mesure par rapport à celle dont souffre d’autres peuples. Vous pensez que votre culture, par ce qu’elle domine toutes les autres, est une référence et que chaque nation dans le monde doit la prendre pour exemple. Mais, pire que tout, vous êtes tous arrogants. Vous vous permettez d’agir au nom de notions aussi abstraites et aussi difficiles à définir que le « Bien » ou le « Mal ». Or, votre notion du « Bien » est-elle supérieure à la nôtre ? On met tellement de choses mauvaises derrière l’idée du « Bien » que celle-ci en devient irrémédiablement pervertie. Regardez l’ancien président américain et son idée de « croisade contre l’axe du Mal ». Est-ce que parce que d’autres peuples vivent avec des coutumes différentes des vôtres qu’elles doivent être qualifiées de mauvaises » ?

Quentin était désarçonné par cette longue diatribe prononcée d’une voix grave. Il se serait attendu à tout, sauf d’un discours philosophique en une heure si critique. Mais il ne voyait vraiment pas où sa tortionnaire voulait en venir. Quel était le rapport entre ces meurtres barbares et des notions comme le « Bien » et le « Mal » ?

« Vous n’avez pas répondu à ma question. » articula-t-il péniblement.

« Et vous n’avez toujours pas entendu ma réponse. Mais de la part d’un Occidental arrogant, je ne m’attendais pas à autre chose. Vous les Français, vous avez opprimé mon peuple dans les années trente et maintenant, vous le regardez s’autodétruire dans une guerre civile sans que vous leviez votre petit doigt. Est-ce parce que votre président est ami avec le nôtre ? Est-ce parce que vous l’avez accueilli lors d’une de vos fêtes nationales ? Vous cautionnez un tyran qui massacre son propre peuple dans l’espoir de se maintenir au pouvoir et de s’enrichir encore plus. Est-ce là votre notion de justice, votre idée du « Bien » ? Pourquoi intervenir en Lybie et pas chez nous ? Parce que vous n’avez rien à y gagner ? Vous vous imaginez qu’il n’y a pas de pétrole ou d’autres ressources naturelles que vous pourriez offrir en concession à vos multinationales afin qu’elles nous pillent encore et encore ? »

« Mais rien ne justifie ces crimes horribles que vous avez perpétrés ! » Hurla Quentin.

La jeune femme parue désarçonnée. Elle se mit à trembler et cacha son visage dans ses mains. Puis, elle tourna un visage terrible vers le policier et explosa.

« Vous ne comprenez rien ! Vous êtes coupables ! Tous les hommes sont coupables ! Vous voulez comprendre ? Vous voulez voir pourquoi ? »

Sans attendre la réponse de Quentin, elle commença à se déshabiller et se retrouva en sous-vêtements. Le policier tressaillit. Le corps qui s’offrait à lui était parsemé de cicatrices plus ou moins profondes. Les jambes semblaient avoir été perforées ou criblées de balles. Le torse était couturé de marques blanches plus ou moins grosses, plus ou moins profondes, faisant un canevas cicatriciel agencé de manière totalement anarchique. La jeune femme reprit son discours de sa voix grave à l’accent chantant :

« Vous voyez maintenant ? Je n’ai pas toujours été celle que je suis à présent. Il n’y a pas si longtemps, je m’appelais Enis. Je vivais à Deraa, en Syrie, avec mon père, mes deux frères et ma sœur. On avait été élevés dans la culture et les traditions que nous avaient apportées les Français. Ma mère avait été tuée lors de la répression de Hama en 1982. Lorsque la révolution a éclaté, nous espérions que les choses s’arrangeraient. Les répressions ont commencé. Quatre morts, des centaines de blessés. Puis le mercredi 23, nous sommes allés manifester. Les forces de l’ordre ont riposté comme toujours. Mes parents ont été tués, un de mes frères aussi. Ilyas, mon autre frère et moi-même avons été blessés et capturés par les forces de sécurité gouvernementales. On nous a trainés dans une prison et ils nous ont torturés des jours durant. Ils m’ont frappé, perforé les jambes avec des poinçons, ils ont joué au couteau sur mon corps et pour finir ils m’ont tranché le sexe. J’ai appris durant ma captivité que mon frère était mort, qu’ils étaient allés chez moi, avaient violé et égorgé ma sœur. Quand ils m’ont relâché, j’étais sur le point de mourir. C’est l’acharnement des médecins qui m’a permis de rester en vie alors que je ne souhaitais qu’aller rejoindre ma famille. »

Quentin compris alors que la femme qui commettait tous ces crimes était à l’origine un homme. Que son sort atroce l’avait fait basculer dans la démence et l’inhumanité. Il la regarda. Ses yeux contemplaient des souvenirs atroces qui n’appartenaient qu’à elle et que peu seraient en mesure de comprendre. Elle revivait ses tourments, les couteaux et les forets qui mutilaient sa chair, ses cris de douleur sourds qui composaient une symphonie de souffrance qu’accompagnaient des centaines de voix humaines elles aussi soumises à des tourments indicibles. Des larmes roulèrent doucement le long de ses joues pour s’écraser et mourir sur le sol poussiéreux de la cave. Elle se releva brusquement, essuya ses larmes et commença à déambuler de long en large en mordant sa lèvre inférieure. Quentin se releva péniblement vers elle, ses liens se tendirent, entaillèrent sa chair, et il articula péniblement :

« Enis… Vous n’êtes… »

La femme se rua vers lui et lui agrippa le visage, plantant ses ongles longs dans les tempes du policier. Elle se mit à hurler et à vociférer :

« Je ne m’appelle plus Enis ! Enis est mort ! Mort dans les geôles où des êtres puants et impuissants face au changement lui ont arraché tout ce qui faisait de lui un homme ! Je m’appelle Esma désormais ! Esma qui est née à la vie en Iran il y a neuf mois de cela ! »

Quentin gémissait. Les ongles de sa tortionnaire s’enfonçaient davantage dans sa peau à chaque hurlement de rage.

« Vous êtes tous des porcs ! Tous ! Vous m’avez pris mon humanité ! Vous avez fait de moi la créature que je suis aujourd’hui ! »

Esma lâcha le policier et se dressa de toute sa hauteur devant lui. D’une voix calme qui contrastait avec la rage qu’elle avait déployée, elle continua à s’adresser à sa victime :

« Oui, vous êtes tous coupables. Tous. Les Arabes qui m’ont mutilé comme les Occidentaux qui ont laissé mourir ma famille dans l’indifférence générale. Vous n’êtes plus digne d’être appelé homme. »

« Je ne suis pas responsable de votre affliction Esma » hoqueta Quentin, toujours sous l’emprise de la douleur.

« Oh, mais si vous l’êtes. Pas directement certes. Mais par votre passivité face aux évènements dont j’ai été victime. Par le fait que vous avalisez ce qui se passe dans mon pays sans que vous leviez le petit doigt. Parce que votre arrogance et votre soi-disant supériorité d’Occidental décadent ont été le moteur de tout ce déchainement de violence. Vous avez stigmatisé les peuples arabes comme responsables de l’instabilité du monde actuel. Quelle joie cela doit être pour vous de nous voir nous entretuer ! »

« Vous êtes folle ! Folle de croire que nous cautionnons ce qui se passe ! Ne nous mettez pas dans le même sac que les politiques et les décideurs ! éructa Quentin. Ce n’est pas parce qu’on vous montre des connards qui s’érigent en gardiens du monde libre pour leurs propres intérêts, pour une prétendue notion de « Bien » factice, à la télévision qu’il faut en faire une généralité ! Tous croient agir au nom du « Bien » et commettent des actes indicibles pour justifier leurs actions ! Et vous ! Regardez-vous ! Ces crimes horribles en réaction à la perte de vos proches ! Vous cherchez un coupable dans les yeux des gens que vous avez massacrés jusqu’à présent ! Croyez-vous que ce que vous commettez, c’est « Bien », que cela atténuera votre douleur ?

Un silence résonna dans la petite cave, faisant écho aux propos de Quentin. Esma regarda le policier allongé nu sur la table. Une profonde tristesse se dessina sur son visage. Des larmes creusèrent un sillon noir sur sa figure poussiéreuse. Elle baissa la tête et regarda le sol.

« Peut-être pas… » articula-t-elle faiblement.

Un rictus de haine déforma son visage. Quentin frémit. Un sourire dément s’esquissa sur sa figure amère.

« Mais ça va me faire du « Bien » gargouilla-t-elle.

Son couteau s’abattit sauvagement sur le torse de Quentin, lui perforant le cœur. Le policier levant la tête, tétanisé par la douleur, les yeux écarquillés. Un cri sans son s’échappa de ses lèvres desséchées. Esma grimpa sur lui, s’installa à califourchon sur son bassin et pencha la tête vers lui. Elle plongea ses yeux dans ceux de sa victime et s’enivra de sa peur, de sa colère et de son horreur. Elle se noya dans sa mort pendant un instant fugace.

Quand le policier expira, Esma se redressa. Le sang se répandait le long du torse et baignait ses cuisses. Malgré cela, elle était frustrée. Elle avait bu à la mort encore une fois, mais cela ne l’avait pas rassasiée.

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