Chapitre 17 : Ça commence ! (ou pas)

Le lendemain matin en se levant, Vincent ne se sentit pas très bien. Il ne savait pas s’il fallait mettre cela sur le compte du mouton à l’anis de hier soir, ou si c’était le fait de renvoyer si promptement Harold et Pingué qui laissait en lui cette impression de vide immense.

Avant de descendre au salon pour prendre son petit déjeuner, il fit un crochet par les quartiers qui abritaient les chambres de l’elfe et du marchand de jouets.

Lorsqu’il entra dans le premier appartement (celui de Pingué), il constata rapidement que celui-ci était vide et que la plupart des affaires qui gisaient normalement sur le sol avaient été soit rangées, soit enlevées. Le jeune garçon s’empressa d’ouvrir les placards et nota là aussi l’absence de tous les effets et autres babioles insignifiantes que Pingué avait amassées pendant des années.

Vincent se précipita promptement vers la turne d’Harold et dû se rendre également à l’évidence que celle-ci était vide. Il y avait bien quelqu’un dans le lit, mais ce n’était pas le marchand de jouet, c’était un étudiant aviné qui était rentré de soirée et qui s’était trompé de chambre.

« Je vois que les rats ont quittés le navire ! » dit une voix derrière Vincent.

Le jeune garçon se retourna et vit Wally qui l’attendait sur le seuil, les bras croisés.

« Comment ça ? Ils sont partis parce que je leur en ai donné l’ordre. »

« Oui, tu peux voir ça comme cela. Moi je pense que s’ils étaient vraiment au-dessus de tous soupçons ils n’auraient pas ressentis le besoin de fuir. C’est une attitude de coupable ça… »

A bien y réfléchir, Wally avait raison. Pourquoi Pingué et Harold auraient fui si rapidement s’ils ne se sentaient pas coupables de quelque chose ?!

Vincent quitta la pièce en furie en lâchant au passage un « bande de traitres ! ». Il lâcha aussi une grosse caisse, mais ça c’est parce qu’il n’avait pas fait caca depuis un moment.

Oui, je sais ce que va dire Vincent, on avait dit plus de vulgarité, mais force est de constater que dans la plupart des histoires, que ce soit des romans, des films ou des bandes dessinées, les héros font mille choses à l’heure, sauve le monde vingt fois par jour, mais n’ont jamais envie de pisser, alors que moi il faut que je me lève de ma chaise tous les quarts d’heure pour aller me soulager à gros bouillon, c’est fou ça !

Vincent quitta donc la pièce, furibard, monta les marches quatre à quatre et entra dans son bureau en claquant brutalement la porte derrière lui. Ça se voit c’est que ce n’est pas chez lui et qu’il n’en a rien à foutre du matériel. Il ne pense pas au pauvre menuisier qui va venir réparer la porte parce que celle-ci ne ferme pas à cause d’un abruti qui s’amuse à la claquer en permanence. Si je lui claquais la gueule comme il claque les portes il ne lui resterait plus beaucoup de chicots…

L’adolescent resta un long moment silencieux assis au bureau du Père Noël. Il se leva deux ou trois fois, regardant par la fenêtre, ses yeux se perdant à l’horizon, ses pensées s’entrechoquant dans sa tête. Il se sentait seul, abandonné, et il ne savait pas vraiment dire pourquoi, Pingué et Harold lui manquait.

Au début de l’après-midi, Wally vint toquer à sa porte :

« Vincent, c’est Wally, je t’amène de quoi boire et manger, t’es à jeun depuis ce matin. »

Sans bouger du fauteuil, Vincent répondit :

« Pas maintenant Wally, j’ai envie de rester un peu seul. »

« Comme tu veux, je te laisse le plateau repas devant la porte. Si tu as besoin de parler n’hésites pas, je suis là pour toi mec ! »

Un léger sourire se dessina sur le visage de Vincent. Wally était un chic type à n’en pas douter, il était toujours présent, prenant soin qu’il ne manque rien, que tout aille pour le mieux.

Vincent sortit son livre mystérieux qu’il continuait à lire depuis le début de son voyage et poursuivit sa lecture pendant un long moment.

Bon, je vais accélérer, parce qu’en fait il ne se passe rien là, on se fait grave chier, on dirait du Houellebecq ou du Christine Angot.

Tout à coup (en général c’est le terme qu’on met pour indiquer que ça va chier, ça va envoyer le pâté), Vincent entendit un bruit sourd dehors. Il se redressa de sa lecture et regarda attentivement par la fenêtre.

Rien.

Un autre bruit sourd se fit entendre ainsi qu’un brouhaha qui ressemblait à un mouvement de foule.

Vincent se leva de son fauteuil, se dirigea vers la fenêtre et scruta avidement l’horizon. C’est là qu’il les vit !

TSA TSA TSA TSANNNNNNNNNNN !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

A l’entrée du Shomoland occidental, sur les montagnes bleues, se dressait une foule immense, dense, une véritable marée humaine. Les cris qu’ils poussaient ressemblaient à des mugissements de bêtes en colère ou de chevaux en rut. Armés jusqu’aux dents d’épées, tir à l’arc, lances, sulfateuse à vapeur, sèche-cheveux, les guerriers ainsi agglutinés ressemblaient à tous ces cons qui s’amassent au concert de Justin Bieber ou au feu d’artifice du 14 juillet. Quitte à payer 50€ pour se faire tripoter par des inconnu(es) autant que ce soit pour se faire réellement éponger et pas pour qu’on vous gueule des « justiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiinnnnnnnnnnnnn !!!!!!!!!!!!!!!!!!! » aux oreilles pendant deux heures. Bref, les troupes ennemies étaient prêtes à pénétrer sauvagement le Shomoland, les guerriers et la bave qui leur coulait de la commissure des lèvres ressemblant à des pervers avide de bite à dégorger.

« Ils vont bien la sentir ! » s’exclama Dudu, fièrement juché sur sa monture, à la tête de ses troupes, du haut des montagnes qui dominaient le Shomoland.

Les troupes s’élancèrent en hurlant comme des veaux, ou comme des adolescents boutonneux qu’on aurait lâchés dans une pyjama party avec des filles en string.

La bataille fut comme une bonne baise : longue et intense.

« Bon là ça suffit, j’en ai vraiment marre ! J’ai rien dit depuis le début du chapitre, mais là stop ! »

Qu’est ce qui t’arrive ma louloutte ?!

« Depuis que ce chapitre a commencé, vous n’arrêtez pas d’interrompre le récit en permanence et vous continuez vos allusions vulgaires, j’en ai vraiment, vraiment marre ! Je vous ai prévenu plusieurs fois, vous demandant d’arrêter votre cirque, vous n’écoutez pas ! Vous vous croyez le maître ?! »

Je suis le maître mec, c’est moi qui écrit l’histoire, t’es con ou quoi ?!

« Bon écoutez, c’est simple, soit vous arrêtez immédiatement votre vulgarité et vos interruptions, soit tous les personnages se mettent en grève illimitée ! »

Ha ! Ha ! T’es un marrant toi, tu ne peux pas te mettre en grève, t’es mon personnage, il n’y a qu’à moi que tu obéis, tu peux rien faire !

« Vous voulez parier ?! »

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